dimanche 24 juillet 2011

Faire une thèse en Tunisie


Tu es passionné par la recherche scientifique, tu as excellé dans tes études, tu veux publier tes recherches dans des revues scientifiques, tu veux faire une carrière d’un enseignant chercheur. Tu n’a qu’un seul choix: faire un mastère de recherche qui va te permettre de s’inscrire dans des études doctorales.

Une fois inscrit, après la période de la préparation du projet de thèse qui peut durer toute une année et même plus où tu vas vivre toutes les souffrances d’un chômeur,  tu te sens soulagé, tu te trouves de nouveau avec la fameuse carte d’étudiant et  tu te donnes à fond pour avancer dans la thèse.

Mais être étudiant à l’âge de 26 ou 27 ans sans aucune source de financement (bien sûr a part tes parents) ce n’est pas aussi facile, évidemment, si tu es quelqu’un qui ne veut pas vivre comme les parasites.
En Tunisie, pour avoir une bouse tu dois être pauvre même très pauvre, et si tu es chanceux tu vas signer un contrat ou bien un demi contrat renouvelable chaque année durant quatre ans. Donc chaque année tu vas vivre le même stress. Pour cette année notre cher ministère a interdit le recrutement des enseignants contractuels notant que toutes les universités ont ouvert cet été des concours sur dossier pour le recrutement.


Un communiqué comme celui-ci ne peut que désencourager les doctorants.

Je me demande, quand notre cher ministère va s’intéresser aux jeunes chercheurs, ce n’est pas uniquement pour le bien de ces derniers mais surtout pour le bien de la Tunisie, quand vont-ils  être convaincu qu’ils doivent consacrer un budget respectable pour la recherche scientifique et que ce budget doit être distribué d’une manière équitable et bien étudiée,  quand vont-ils  multiplier les laboratoires et les unités de recherche, quand vont-ils  comprendre que ces jeunes ont le droit de vivre avec dignité et de rêver, notre cher ministère doit comprendre qu’avec une telle situation les thésards  vont quitter leur pays, ils doivent comprendre qu’il s’agit d’un investissement très rentable.

Notre pays a besoin d’une grande volonté politique pour avancer les choses dans ce domaine, il s’agit d’un problème de mentalité qui doit être résolu le plus tôt possible si nous voulons être Pioneer et avoir des compétences dans toutes les spécialités.




jeudi 14 juillet 2011

Quand Samir Feriani sera libéré ???

على إثر تعمد مجموعات متطرفة القيام بتحركات احتجاجية الغاية منها الحدّ من الحريات الفردية واقترانها باعتداءات على المواطنين وعلى الممتلكات الخاصة والعامة وتهديدهم بمواصلة هذه التحركات غير المشروعة، تُذكّر وزارة الداخلية بأنها لن تتوانى عن تطبيق القانون حيال كل محاولات المساس بأمن المواطنين وبالحريات وبمبادئ ومكاسب الثورة التونسية.



En lisant ces phrases j’avais l’impression que notre ministère de l’intérieur va devenir le garant de nos libertés mais surtout de notre révolution. Je me suis dit nous sommes en train de réaliser les objectifs de la révolution et que les sacrifices de nos martyrs et blessés ont enfin abouti aux résultats souhaités. Cependant et après quelques secondes je me suis dit mais non tu te trompes il s’agit ici du même ministère qui est derrière l’arrestation et la torture du haut fonctionnaire de la police SAMIR FERIANI (http://www.tuniscope.com/index.php/web-tv/2474/alias) car tout simplement il a cru comme moi qu’on a eu une révolution et par conséquent nous devons tous parler des dérives qui ont eu lieu avant et après le départ de Ben Ali dans un objectif de bâtir un pays où règne la transparence et la clarté avec une relation de confiance entre les gouverneurs et le peuple.

Suite à cette incidence je me suis posé plusieurs questions :

Est-ce que la Tunisie est la propriété de quelques personnes qui doivent être toujours protégé par l’Etat, et qui ont le droit de tout faire tout en gardant une immunité contre tous types de responsabilisation ?

Quand vont-ils comprendre que la Tunisie est le pays de tous les tunisiens et que ces derniers ont le droit de savoir ce qui se passe dans les coulisses ?


Quand vont-ils arrêter ce déphasage entre ce qu’ils disent et ce qui se passe réellement,  avant ils nous ont cassé la tête avec l’Etat de droit aujourd’hui ils intègrent sans ou avec occasion le terme révolution dans leurs discours pour légitimer leurs actions ?


Quand vont-ils arrêter les accusations de type atteinte à la sécurité du pays, le devoir de réserve, diffamation ect  quand quelqu’un nous parle des vrais problèmes du pays ?


Quand vont-ils arrêter les atteintes à l’intégrité physique et psychiques des personnes ?


Quand vont-ils arrêter les arrestations sauvages ?


Quand on va avoir justice dans ce pays ?


Quand les partis politiques et la société civile vont faire une marche pour la liberté de Samir Feriani ?

Quand Samir Feriani sera libéré ?



jeudi 30 juin 2011

Le film de Nadia el Fani entre la liberté d’expression et le respect de l’autre


On parle beaucoup de la liberté d’expression mais aussi on parle beaucoup plus des limites de cette liberté. La question qui se pose,  qui a le pouvoir et le droit pour définir ces limites ?  Est-ce que c’est  la religion, ou bien la société, ou bien les lois en vigueur, ou bien nous-mêmes ou encore c’est l’ensemble de tout ça.
Souvent  on dit que notre liberté s’arrête là où commence la liberté des autres. Mais ici, je me pose la question : est ce que c’est aussi évident de savoir que notre liberté va déranger l’autre ?
On parle aussi de la liberté responsable. Pareil, je me pose la question : est ce que c’est évident de prévenir certaines réactions suite à nos actes ou bien nos dits ?
Je pose ces questions car l'existence d'une violence intellectuelle et physique en Tunisie montre qu’on ne connait pas l’autre tunisien. On ne connait pas ses convictions, ses principes, ses valeurs et ses croyances. 
Donc comment peut-on éviter les actes de barbarie de certains tunisiens suite aux provocations comme celles du film « ni allah ni maître » de la réalisatrice tunisienne Nadia el Fani . Comment peut-on vivre dans une société où règne le respect mutuel ?
Ce qui c’est passé en Tunisie montre l’existence des conflits idéologiques entre les différentes catégories de la société, ces conflits se manifestent par  des relations du mépris où chaque groupe se considère comme le meilleur et détenant de la vérité.
Ce qui c’est passé en Tunisie est le résultat d’un demi siècle sans aucun échange d’idées, d’opinions et de points de vue, d’un demi siècle avec un seul parti qui décide de notre vie.  Il nous manque du dialogue, un dialogue  qui vise une certaine entente et intercompréhension. Mais aussi un dialogue qui va nous permettre d’établir nous-mêmes les normes qui vont gouverner notre vie sans qu’aucun groupe n’exerce une pression ou manipulation sur l’autre. 
Enfin, j’espère que les tunisiens du 21ème siècle soient comme leurs ancêtres qui ont vécu ensemble malgré leurs différences donnant ainsi l’exemple d’un peuple tolérant faisant face à toute sorte de discorde et de division.

vendredi 17 juin 2011

Mon histoire avec le voile


Je porte le voile depuis  février 2004, plusieurs raisons m’ont poussé à prendre cette décision, peut être la plus importante c’était ma conviction que le port du voile est une obligation dans notre religion.  J’avais cette conviction depuis mon adolescence.  Néanmoins, la chose qui m’a toujours empêché à le porter  c’étais la peur : une peur d’un avenir flou où les femmes voilées ont moins de chance pour trouver un boulot,  mais essentiellement une peur du régime qui interdit cet habillement dans les lieux publics et qui le considère comme un signe d’une  appartenance politique.  Donc c’était un choix qui allait poser un problème au niveau professionnel, social et légal.

Mais à un certain moment j’ai surmonté ces peurs et j’ai décidé de le porter, je dois avouer  que la décision n’était pas aussi facile et j’ai trop hésité, car une telle décision est une responsabilité, dans la mesure où, je dois donner une bonne image sur l’Islam et sur les  femmes voilées.
Après une certaine période cette hésitation a  disparu, car le hijab m’a rendu plus à l’aise, il s’agit d’un sentiment du bien être que je ne peux pas expliquer ni ses origines ni ses manifestations.
Ce bien-être c’était ma réponse sur la question des gens qui demandent pourquoi je porte le voile et qui le considère comme un signe de rétro et de soumission.  Cette question avec tous mes respects n’a pas de sens car depuis  l’antiquité l’être humain cherche toujours quelque chose pour  le culte afin de satisfaire son besoin de spiritualité et faire face à des situations dont certaines sont immaîtrisables  telle que la mort, les catastrophes naturelles ect.  C’est pour cette raison je n’arrive pas à croire qu’il y a des athées car chacun entre nous a son propre dieu.

Porter le voile ne veut pas dire être un ange au contraire je suis un être humain susceptible de commettre des fautes comme toutes les personnes, peut être la seule différence c’est que le voile délimite un peu mes libertés au niveau de mes comportements (chose qui ne me dérange pas)  mais jamais ceci peut influencer  mes pensées.

Pour finir je veux dire que le port du voile doit être un choix personnel, jamais le voile était un repère pour juger les personnes et j’espère que les relations entre voilées et non voilées soit une relation du respect mutuel 

samedi 11 juin 2011

Pourquoi je ne fais plus confiance aux partis politiques


Avant le 14 janvier j’étais passionnée par la politique, mais celle des pays étrangers notamment le Liban, la France et l’Egypte, car tout simplement nous n’avions pas une vie politique en Tunisie.
La politique dans mon pays se réduit à un seul parti qui détient le pouvoir, et quelques autres qui sont toujours d’accord avec le gouvernement.
Les vrais opposants je ne les connais pas, car la majorité d’entre eux ont vécu dans l’exil et les autres n’avaient pas le droit de mener leurs activités librement et bien sûr n’avaient pas un accès facile aux médias nationaux.
En deux mots nous avons vécu avec un tyran, des bénis oui-oui et des opposants absents.
Ce tyran a quitté le pays sous la pression de la rue même si quelques médias essaient toujours  de marginaliser le rôle du peuple. Moi, par contre, je crois à cette version car des pays comme les USA veulent toujours nous faire croire que se sont eux qui dirigent tout le monde. Ce départ m’a donné l’espoir qu’on aura enfin une vie politique digne de suivi. J’ai réfléchi même à s’adhérer à un parti politique qui reflète mes convictions et mes idées. Mais malheureusement je me suis rendu compte  que Je ne veux ni ne peux aliéner ma vie pour la politique car même avec les 100 partis existants actuellement aucun d’entre eux ne peut me représenter.
En effet, je ne peux pas limiter mes pensées à une idéologie ou un programme bien précis, je veux être libre dans mes avis et mes critiques, je peux être d’accord avec un ou plusieurs partis dans deux ou trois points mais jamais dans la totalité de  leurs idées.
Je ne peux pas m’adhérer ou même voter pour un parti politique car ils ont montré qu’ils ont du talent en matière d’hypocrisie chose inacceptable pour moi, évidente chez les politiciens, ils ne cherchent que leur propre intérêt suivant le principe tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces.
Je ne peux pas m’adhérer ou même voter pour des partis politiques, qui à chaque fois montrent qu’ils sont incapables de résoudre les problèmes du pays et se limitent à publier des communiqués  sans la proposition des solutions concrètes.
Je ne peux pas m’adhérer ou même voter pour des partis politiques qui parlent au nom de l’islam et qu’ils ont des relations d’amitié et de coopération avec les ennemis de l’islam
Je ne peux pas m’adhérer ou même voter pour des partis politiques qui se disent protecteurs de la liberté et critiquent des déclarations qui peuvent éclaircir l’opinion public sous prétexte que ce genre de propos peuvent engendrer le chao.
Je ne peux pas m’adhérer ou même voter pour des partis politiques car depuis que je suis intéressée par la politique en Tunisie je suis plus convaincu que jamais que le peuple est plus mature que les politiciens et du coup il n’a pas besoin des tuteurs pour l’encadrer et le diriger.
Mais il faut dire que ma décision finale à été prise suite à la réunion du premier ministre avec les partis politiques où ces derniers étaient tous contents par l’intervention de BCE, annonçant ainsi le retour des bénis oui-oui mais surtout des applaudissements ainsi que la disparition de toute forme d’opposition.
 Après cinq mois du départ de Ben Ali je me suis rendu compte que j’étais débile et naïve lorsque j’ai cru que la situation en Tunisie va s’améliorer mais j’ai oublié que ZABA a laissé derrière lui un héritage très pourri y compris certains de ses opposants et du coup j’ai décidé de retirer ma confiance aux partis politiques qui sont incapables de diriger un peuple aussi intelligent comme le notre. 



jeudi 26 mai 2011

Nous sommes encore sous la dictature du ZABA


Au nom du terrorisme, de la diffamation et du porno  Ben Ali a pu censurer la majorité des sites internet, mais surtout nous a privé de notre liberté d’expression, il a réussi à nous faire taire en appliquant des lois et en faisant recours à la magistrature c'est-à-dire tout est fait dans les règles de l’art.  Cette situation a poussé les jeunes activistes à prendre le risque et se protester contre l'injustice réclamant plus de libertés ainsi que l’enlèvement  totale de la censure. Ces jeunes ont réussi à se débarrasser du tyran en récupérant tous leurs droits entre autre l’accès libre à l’information sans aucune surveillance de l’Etat.

Aujourd’hui des avocats et des juges qui se considèrent comme nos tuteurs ne cessent de limiter ces libertés par des procès contre la diffamation tel que le cas de l’informaticien Ahmed Daoud ou des procès pour la fermeture des sites qui, selon eux ayant une influence négative sur nos enfants, ces juristes continuent à déposer des plaintes en  oubliant que les lois en vigueur ont été mises en place pour protéger le dictateur et non pas la Tunisie et le peuple tunisien qui a montré à tout le monde qu’il est responsable et sait très bien ses limites. De ce fait ces pratiques n’ont qu’une seule conséquence le retour de la dictature mais avec une nouvelle forme.

Même si je peux comprendre ce comportement puisque ces gens ont vécu un demi siècle sous une dictature et ne peuvent pas s’adapter à la démocratie, je n’arrive pas à comprendre pourquoi ils ne respectent pas les sacrifices de leurs compatriotes et leur droit de choisir leurs manières de vivre. Ils doivent comprendre que nous n’avons pas  les mêmes principes, les mêmes visions et on ne défend pas  les mêmes causes.

Enfin je veux dire que la censure est techniquement impossible donc ces avocats non seulement ils essaient de limiter les libertés déjà acquises ils sont en train d’orienter l’opinion public vers des affaires déjà arrangées au moment où le pays et le peuple doivent faire face à des défis qui s’imposent tel que la date des élections ainsi que l’aide du G8. Donc je vous prie d’épargner tous vos efforts pour  trouver des preuves contre tous les corrompus afin de récupérer tous nos argents sans être obligé à ce genre d'aides auprès des pays qui ne cherchent pas  notre bien.

jeudi 12 mai 2011

Je fête mon anniversaire en pleurant la Tunisie



 Je pleure la Tunisie car il y a des tunisiens, qui après une grande

 réflexion ont décidé que le peuple  ne mérite pas la démocratie et

 la liberté d'expression, en oubliant qu’ils sont en train de parler du

 même peuple qui a sacrifié la vie de ses jeunes pour que nous

 puissions jouir de la liberté et de la démocratie.

Je pleure la Tunisie car après 4 mois de la révolution nous vivons le retour de la censure et de la répression, et là je me suis posé la question est ce qu’il nous faut 300 martyrs chaque 3 mois pour qu’on puisse vivre 2 mois de liberté ?
Je pleure la Tunisie car il y a des tunisiens qui sont contents par des lois qui limitent nos libertés et qu’ils sont prêts à sacrifier cette liberté en oubliant que nos martyrs ont fait une révolution de dignité et non pas des ventres.
Je pleure la Tunisie car les opportunistes ont réussi  à nous diviser et à pousser nos jeunes à casser et à brûler la Tunisie, je me demande ils sont où les tunisiens unis qui ont protégé leurs quartiers et leur pays juste après le départ de ZABA, pourquoi ils ont oublié ces trois jours où nous étions solidaires et prêts à mourir, pourquoi ils ont oublié comment ils ont pu faire face aux dangers des milices et des snipers sans réclamer le retour de ZABA qui implique le retour de la sécurité.
Je pleure la Tunisie car après 4 mois de la révolution de dignité on remarque le retour de "Tbandir" par des pseudos journaliste qu’ils se considèrent comme les élites de la société
Je pleure la Tunisie car les médias ont réussi à manipuler l’opinion publique en diffusant des faux débats pour cacher les vrais problèmes de la Tunisie.
Je pleure la Tunisie car j’étais déçu par l’opportunisme et l’hypocrisie des politiciens soit disant protecteurs  des libertés fondamentales de l'être humain.
Je pleure la Tunisie car certains de nos jeunes blogueurs se considèrent comme la crème de la société et ont le droit de mépriser leurs compatriotes.
Je pleure la Tunisie car nous avons donné notre confiance à des personnes qui ne méritent pas cette confiance.
Enfin je ne peux pas être pessimiste espérant qu’un jour nous puissions vivre dans une Tunisie ou règne les libertés et la démocratie  où tous les citoyens se respectent, et je pense que le premier défis ça sera les élections qui auront lieu le 24 juillet.